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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Conseils familiers à un jeune écrivain
Gourmont Remy

Il ne faut pas s'y méprendre, et bien que le titre volontairement « aguicheur » puisse le suggérer, les conseils ici dispensés par Remy de Gourmont (1858-1915) n'ont rien à voir avec ceux que donneront plus tard Rainer Maria Rilke, Virginia Woolf ou André Gide. C'est au contraire un véritable manuel de l'arrivisme littéraire, un vade-mecum qui doit permettre de devenir un Paul Bourget ou un Pierre Loti, deux écrivains qu'il déteste - et jalouse. Des « écrivains de salon » qui ont « les gestes maçonniques des invertis » et une « incroyable voix molle et blanche ».
Ce petit chef-d'œuvre d'ironie malicieuse, où Gourmont déploie toute sa verve truculente, se situe dans la lignée du Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert et du Tribulat Bonhomet de Villiers de L'Isle-Adam, deux écrivains qu'il estimait.


Format: 12X17
Nombre de pages: 128 pages
ISBN: 978-2-84418-090-2

 

Année de parution : 2006

 

12.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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... Quiconque raccourcit une route est un bienfaiteur du public et de chaque personne particulière qui a occasion de voyager par là.

Jonathan Swift, Lettres d'avis à un jeune poète (1720)

La mauvaise humeur un peu âpre, je l'avoue, de ma dernière lettre ne vous a pas découragé, et, cette fois, vous me suppliez ; les hochements et les dénis, loin de rebuter vos desseins, les avivent et les précisent ; croyant avoir besoin de moi, vous supportez tout de ma part ; qu'ils soient productifs, et des coups même ne vous feraient pas peur ; vous semblez prêt à adorer la bouche qui, parmi les injures, laisserait couler, comme un miel parfumé, de fructueux conseils : - je l'avoue encore, un tel état d'esprit m'a touché et séduit. J'ai senti sous le pic un bon terrain. J'y mets la bêche, je vais semer. Ouvre-toi, jeune terre, reçois la graine et sois féconde.

I

Ayant déjà fait quelques études préparatoires au noble métier d'écrivain français, vous n'ignorez pas sans doute que le monde dans lequel vous allez entrer est fort méprisé par ceux-là mêmes qui doivent y vivre et qui en font l'ornement. Vous avez entendu dire que ce monde n'est guère qu'une église de truands qui tient à la fois de la maison de prostitution, de l'étable à cochons et de la chambre de réthorique ; cette opinion est très exagérée, vous ne tarderez pas à vous en apercevoir, et qu'avec un bon manteau, de solides bottes, d'imperméables gants et un chapeau « qui ne craint rien », ni la pluie, ni les avanies, ni la grêle, ni les mensonges, ni la neige, ni la saburre qui tombe des balcons, on y peut vivre tolérablement ; il y a des séjours plus dangereux ; pour un homme intelligent et pratique, il n'en est guère de plus recommandable et où le placement d'une pacotille soit plus rapide et plus rémunérateur.

 

II

De la pacotille, j'ai peu de chose à vous dire en particulier. Pour se la procurer, il ne faut ni argent, comme dans le commerce ; ni étude, ni talent, comme il était d'usage dans les anciennes sociétés littéraires ; à cette heure, vous n'avez besoin que d'adresse : de l'adresse et encore de l'adresse. Figurez-vous un noyer tout plein de belles noix vertes et que le fermier soit occupé non loin de là à sarcler ses betteraves ou à battre son blé : il vous suffit d'une gaule ou d'un bâton court, ou même d'un caillou, pour faire pleuvoir à vos pieds les belles noix vertes. Ensuite il ne s'agit que de les éplucher sans se salir les doigts ; des gens prétendent que cela est fort difficile, « qu'il en reste toujours quelque chose » : oui, cela est difficile, mais vos doigts restent tachés, vous en seriez quitte pour porter des gants ; un autre motif m'a déjà fait vous recommander cet usage.
Vous trouverez, disséminées dans les paragraphes suivants, quelques autres notions touchant la pacotille, - laquelle, en somme, se composera de tout ce que vous pourrez voler subtilement aux riches et aux pauvres, aux arbres et aux ronces ; - car je ne suppose pas que vous possédiez naturellement autre chose qu'une intelligence pratique et rusée ; en ce cas, vous ne m'auriez pas demandé de conseils et vous n'en auriez pas besoin.

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