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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
L'évangile de la Nature
Burroughs John
Disciple et héritier de Henry David Thoreau, l'auteur de Walden ou la vie dans les bois, chantre d'un retour à la vie simple et d'une écoute de la nature, John Burroughs est passé maître dans l'art de voir les choses. Sollicité par un pasteur, il propose un Evangile de la nature aux accents très contemporains. Ni religieux, ni panthéiste, ni naturaliste, cet « évangile » est une réflexion sur la place de l'homme dans l'Univers, la fragilité et la pérennité de la vie, l'immuabilité et l'évolution de ses cycles, l'inscription de l'infiniment petit dans l'infiniment grand. Il y développe une façon d'être au monde dépouillé de toute croyance, religieuse ou scientifique, mais uniquement fondée sur l'observation de ce qui nous entoure pour mieux s'y fondre à nouveau et y retrouver notre place.
 
 
Format: 10,5x15
Nombre de pages: 80 pages
ISBN: 978-2-84418-326-2

Année de parution : 2016

 

6.50 EUR
disponibilité : Sous 0 jours
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L'ÉVANGILE DE LA NATURE


I

L'autre jour, un ecclésiastique qui se décrivait comme un prédicateur de l'évangile du Christ m'a écrit pour me demander de venir parler à ses ouailles de l'évangile de la Nature. Cette requête m'a amené à me demander si la Nature possède ou non un évangile au sens où l'entendait cet ecclésiastique, un message qui soit susceptible d'être particulièrement réconfortant pour l'individu religieux orthodoxe moyen. Je suppose que ce pasteur souhaitait que je vienne expliquer à ses paroissiens ce que j'avais trouvé dans la Nature qui fût pour moi une force ou bien un réconfort.
Que m'avaient apporté toutes ces années à parcourir la Nature qui puisse venir compléter ou renforcer l'évangile qu'elle prêchait ? Les oiseaux m'avaient-ils enseigné de précieuses leçons ? Ou bien les quadrupèdes ? Les insectes ? Les fleurs, les arbres, le sol, le cycle des saisons ? Est-ce que j'avais vraiment trouvé des sermons dans les pierres, des livres dans les cours d'eau vive et du bien en toute chose ? Les lis dans le champ, qui jamais ne peinent ni ne filent, et qui ont pourtant des atours plus royaux que Salomon dans toute sa gloire, m'ont-ils seulement aidé à revêtir l'humilité, la justice et l'honnêteté ?
Il n'est pas aisé de simplement dire ce que l'on doit à tout cela. Les influences naturelles s'exercent aussi bien indirectement que directement ; elles agissent autant sur le subconscient que sur le conscient. Je suis absolument convaincu que toutes mes flâneries par les champs et par les bois ont fait de moi un homme plus sensé, plus sain et plus comblé, obéissant à une règle de vie plus authentique.
Il est sans doute tout aussi vrai que je suis moins sociable, que je m'intéresse moins à mes voisins et à la politique, que je suis plus enclin à me soustraire aux responsabilités civiles et sociales et à faire la sourde oreille aux dissensions entre réformateurs.
Une chose est sûre : pour ce qui est de l'hygiène, je suis extrêmement redevable à mes excursions dans la nature. Elles m'ont aidé à gagner en santé, à défaut d'humilité ; elles ont contribué à affûter et accorder tous mes sens ; elles ont maintenu mes yeux en si bon état qu'ils ne m'ont jamais fait défaut un seul instant au cours de mes soixante-quinze années d'existence ; elles ont tellement développé mon odorat que je prends un grand plaisir à respirer les aromes sauvages, en particulier au printemps - l'odeur délicate des ormes, des érables et des saules en fleur, l'odeur des bois, des prés, du rivage. Cet odorat très développé et sain m'a amené à abhorrer le tabac, à fuir les pièces fermées et à laisser la puanteur des villes derrière moi. Je me dis que cet univers des parfums sauvages et naturels est perdu pour le fumeur et le citadin. Les sens qui se sont formés en plein air sont à l'unisson de ce qui vit en plein air : ils sont vifs, subtils et aiguisés. Quand je me rends en ville, mes oreilles souffrent tout autant que mon nez : en ville, mes sens sont au supplice ; les oreilles sont assourdies, le nez est révulsé et les yeux voient troubles. Quand je rentre, je regagne la Nature pour qu'elle me prodigue soins et apaisement, et pour que mes sens se remettent au diapason. Je sais que la règle veut que les campagnards ou les paysans ne soient pas réputés pour posséder des sens délicats, mais c'est surtout dû à l'engourdissement brutal d'un rude labeur. Ce sont davantage leurs esprits que leurs corps qui souffrent.
Quand j'ai vécu en ville, la campagne n'était jamais bien loin et j'allais y mordre à pleines dents au moins une fois par semaine pour que mon système nerveux ne s'altère pas.
Emerson dit que "le jour où nous avons accordé de l'attention à un objet naturel ne paraît pas totalement profane". Si Emerson avait pris la peine de compléter ce propos, il aurait ajouté : pour peu que nous lui accordions cette attention dans l'état d'esprit qui convient, autrement dit animé par l'amour de la nature et la quête de vérité. Comme le savaient Emerson, Wordsworth et tous les grands esprits de notre époque, l'amour de la Nature possède clairement une valeur religieuse. Il ne peut pas naître chez un homme ou une femme uniquement préoccupé par des considérations égoïstes, terre-à-terre ou matérielles. À moins de redevenir peu ou prou un petit enfant, on ne peut pénétrer dans le royaume de la Nature - comme l'ont fait Audubon, Thoreau, Bryant, Amiel et tous ceux qui en ont fait une ressource pour leur vie et un instrument de leur culture. Les formes et les crédos de la religion changent, mais le sentiment religieux - l'émerveillement, le respect et l'amour que nous ressentons en présence de l'univers insondable - perdure. En effet, ils semblent retrouver un regain de vie quotidien dans cet amour croissant pour toutes les choses naturelles et cette tendresse croissante pour toutes les formes de vie. Si nous n'allons pas autant à l'église que nos ancêtres, nous allons davantage dans les bois et sommes plus disposés qu'eux à en faire un temple.
Aujourd'hui, nous utilisons le mot Nature comme nos ancêtres utilisaient le mot Dieu et, selon moi, derrière ces deux termes, nous voulons parler de la puissance qui est omniprésente et partout agissante, dont le giron abrite et nourrit l'univers visible. C'est une puissance que nous pouvons voir, toucher et entendre, et dont nous pouvons à réaliser à chaque instant de notre vie combien nous en sommes totalement dépendants. Il n'y a pas d'athées ou de sceptiques vis-à-vis de cette puissance. Tous les hommes voient bien que nous sommes littéralement ses enfants, et tous ont appris que désobéir à ses injonctions se traduit inéluctablement par une sanction immédiate.
Nos liens avec la Nature la vulgarisent et lui ôtent son caractère divin. Quand nous finissons par comprendre que le céleste et le terrestre ne font qu'un, que le temps et l'éternité ne font qu'un, que l'esprit et la matière ne font qu'un, que la mort et la vie ne font qu'un, qu'il n'y a rien qui ne soit et ne puisse être inhérent à la Nature, nous ne recherchons plus ni n'attendons un Dieu lointain et inconnu.
La Nature enseigne plus qu'elle ne prêche. Il n'y a pas de sermons dans les pierres. Il est plus facile de tirer une étincelle d'une pierre qu'une morale. Même quand elle abrite un fossile, elle enseigne davantage l'histoire que la morale. Un morceau du monde antérieur nous parvient, qui n'a pas été englouti, qui a résisté aux dents et à la gueule du temps, et qui peut nous raconter bien des choses pour peu que nous ayons les yeux pour les lire. Le sol sur lequel il gît ou bien dans lequel il est niché était également fait de roche, dans les temps géologiques, mais le moulin qui l'a concassé est passé sur ce fragment de pierre sans totalement le réduire en poussière. Il est fort probable qu'il soit constitué des vestiges d'innombrables créatures minuscules qui vécurent et moururent dans les anciens océans. Il est fort probable qu'il ait été arraché à la roche mère et emporté à l'endroit où il se trouve à présent par la grande fonte des glaces qui, il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, est lentement mais irrésistiblement redescendue du Grand Nord pour recouvrir la majeure partie de tous les continents de l'hémisphère nord.

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