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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Lincoln
Whitman Walt

A l'occasion de la huitième présidentielle aux Etats-Unis, ce tract politique dénonce la corruption croissante de la classe politique américaine et appelle l'avènement d'un candidat réellement représentatif du peuple.


Format: 10,5 X 15
Nombre de pages: 80 pages
ISBN: 978-2-84418-331-6

 

6.50 EUR
disponibilité : Sous 0 jours
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Le président

12 août. - Je vois le Président presque tous les jours, car il se trouve que je vis à l'endroit par où il passe pour regagner sa demeure hors les murs. Il ne dort jamais à la Maison Blanche pendant la saison chaude, mais a pris ses quartiers dans un endroit sain, à environ trois miles au nord de la ville, le foyer des Soldats, un établissement militaire américain. Je l'ai vu ce matin sur les coups de 8 heures ½ se rendre à son bureau, remontant l'avenue Vermont, près de la L Street. Il y a toujours avec lui une compagnie de vingt-cinq à trente cavaliers, sabres tirés et brandis au-dessus de l'épaule. On dit que cette garde lui a été imposée par ses conseillers, contre sa volonté personnelle. Le cortège ne fait pas assaut d'uniformes ou de chevaux. M. Lincoln, qui monte en général un cheval gris, de belle taille, allant l'amble, est entièrement vêtu d'habits d'un noir passé et poussiéreux, il est coiffé d'un haut-de-forme noir et dans sa tenue, il ressemble au plus ordinaire des hom­mes. Un lieutenant, avec des insignes jau­nes, chevauche à sa gauche, et derrière suivent, deux par deux, les cavaliers, dans leurs vestes barrées de jaune. Ils vont généralement au petit trot, l'allure leur étant donnée par celui qu'ils ont attendu. Les sabres et tout l'équipe­ment cliquètent, et le cortège* qui n'a abso­lument rien d'ornemental ne suscite aucun émoi tandis qu'il approche de Lafayette Square, à l'exception de quelques badauds étrangers qui s'arrêtent pour regarder. Je vois très nettement le visage buriné d'abraham lincoln, aux traits creusés, l'expression de ses yeux qui traduit toujours pour moi une  profonde tristesse latente. Il se trouve que nous avons eu à échanger des salutations, fort cordiales au demeurant. Parfois, le Président circule à bord d'une calèche à ciel ouvert. La cavalerie l'accompagne toujours, sabres tirés. Je remarque souvent que, quand il sort le soir - parfois le matin, quand il rentre tôt - il fait un détour et une halte à la grande et belle résidence du Secrétaire de la Défense, sur K Street, pour une réunion. S'il est dans sa calè­che, je peux voir de ma fenêtre qu'il ne descend pas, mais reste assis dans son véhicule et que M. Stanton sort à sa rencontre. Parfois, l'un de ses fils, un garçon d'une dizaine ou une douzaine d'années, l'accompagne, chevauchant à sa droite sur un poney. Au début de l'été, il m'est arrivé de voir le Président et son épouse, à la toute fin de l'après-midi, à bord d'une calèche pour une simple balade en ville. Mrs Lincoln était entièrement vêtue de noir, avec un long voile de crêpe. L'équipage est le plus ordinaire qui soit, avec juste deux chevaux et rien d'autre. Ils sont passés tout près de moi et j'ai vu distinctement le visage du Président, parce qu'ils allaient lentement, et son regard, bien que perdu dans ses pensées, s'est résolument posé sur moi. Il s'est incliné et a souri, mais sous son sourire, j'ai bien reconnu cette expression dont je parlais. Aucun artiste, aucune photographie n'a capté l'expression profonde, bien que subtile et indirecte, du visage de cet homme. Il y a là quelque chose d'autre. Il y faudrait l'un des grands portraitistes d'il y a deux ou trois siècles.

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