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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Bâton de la différence entre les bruits
Pey Serge

Serge Pey est un des artistes les plus singuliers de la performance et de la poésie d'action contemporaine. Poète de la rupture des frontières de l'art, il rédige ses poèmes sur des bâtons qui jalonnent ses installations et ses expositions. Théoricien et critique, il explore les phénomènes de possession et de dépossession dans la pratique orale du poème.
Fondateur et initiateur du Mouvement des marches internationales de la poésie, il enseigne la poésie contemporaine à l'Université de Toulouse-Le Mirail.


Format: 17x12
Nombre de pages: 256 pages
ISBN: 978-2-84418-176-3

 

Année de parution : 2009

 

15.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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Un

Accrocher une horloge
contre le mur
et la placer à côté
de la photo qui nous regarde

Connaître
les petites heures
de la mort
quand les étoiles divorcent
de l'habitude
de la lumière

(Dans l'horloge
un homme frappe
toutes les heures
avec un marteau de fleur
contre une cloche de ciment)

Les mots meurent
collés comme des aimants
sur la tête du verbe unique
qui les soude
à chaque mouvement du marteau
la photo tire l'horloge
par un cheveu
jusqu'à son visage brûlé

Le bruit régulier de son passé
nous appelle
pour ne pas
nous souvenir

(La photo photographie
les heures
puis sépare notre temps
des nombres
qu'il n'a pas comptés)


Deux

Ce sont des ailes
Ce sont des compas ouverts
Ce sont des pèse-ciels

Le vol est la pensée
de l'oiseau
qui pense le ciel
qui pense l'oiseau

Ses traces mesurent
la poussière
sur la balance noire
des mots croisés

Les angles
de l'instant
s'ouvrent dans l'infinitif
des verbes
Une pierre excédentaire
cherche l'entrée de nos phrases
pour la fermer
comme si à l'intérieur
un homme continuait
à respirer
l'habitude de ses mots
dans l'habitude de ses morts
qui n'ont pas fini de parler

Trois

Nous cousons
les aiguilles
avec un fil de pierre

Quand nous attachons l'air
nous ne souffrons
d'aucune diversion
ni d'aucune manœuvre
de la terre

Le travail fini
nous regardons l'aiguille
suspendue
par le fil
oscillant comme un pendule
entre les vitres que l'éternité
n'a pas encore choisies

Les aiguilles cousent
l'éternité
avec un vêtement de verre
et le dehors se met à aboyer
contre un chien de verre
qui s'enfuit

Quatre

La porte devant nous
coupe le ciel
en deux ombres

Devant la fenêtre
nous vomissons
des fantômes
d'étoiles et de rats

Ni centre ni échelle

Sous nos souliers
midi titube
dans son vomi d'oiseau

(Les étoiles nous hissent
sur leurs cahiers
d'écolières du noir)

Tendons qui s'arrachent
des cerveaux

Sagesse du rocher saoul
L'infini est un buvard
que l'on déchire
après avoir épongé
nos verbes inconjugués

Chaque tâche est une île
que nous vomissons

Tant que nos îles
ne remplacent pas sa tête
l'infini maintient
un équilibre
d'ivrogne entre nos cahiers
et la nuit

Cinq

à l'arrivée
un centre battait
dans les échelles

Parfois l'éternité
tombe
plus tôt
sur le monde
et se noue un foulard
avec les rideaux
d'un morceau de brouillard

On allume les ampoules
en plein midi
On lâche des soldats
sur les mauvais morts

La lumière
donne des lèvres
à l'ombre sur les bouteilles
comme si tout avait besoin
d'une bouche
pour parler
Nous coupons le couteau
avec le pain

Nous remplissons
à raz bord
la soupe avec des assiettes

Six

Le dehors a toujours
un dehors plus loin que lui

Les choses
sont des oignons neufs

Elles ont des couches de peau
qui font pleurer
leurs yeux

Nous déshabillons le Dehors
jusqu'à nous
comme dans l'amour de nous

La lune ne laboure plus les nuages

La lune est une roue perdue par la nuit

Une voix dédouble une lèvre
dans une autre voix

Les muscles de l'air saisissent
des cailloux

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