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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
En marchant vers la haute mer
GRAND PRIX DE POESIE
LOUIS MONTALTE
DE LA SGDL 2010
pour l'ensemble de l'oeuvre

Qu'un souffle ténu ait mué le poète en pérégrin vers la haute mer de son âme jusqu'à nous faire entendre l'azur, voilà qui relève du miracle... Ce peu suffit pour faire éclore un monde.
Gilles Baudry

 

Né en 1944, Jean-Pierre Boulic est l'auteur d'une douzaine de recueils de poèmes. En recherche de la joie émerveillée par la contemplation de l'univers « son œuvre secrète, nue et vraie » (Bruno Sourdin) est « teintée d'une belle gravité » (Charles Le Quintrec).


 Format: 12x17
Nombre de pages: 160 pages
ISBN: 978-2-84418-146-6

 

Année de parution : 2008

14.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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La mort des lilas

Lilas de femme Marie
Dans un fond de prairie
Ont fleuri sont passés

Au moment du crépuscule
Des branches déjà rousses
Ont visage fané

Plein vent en fond d'allée sèchent
De tristesse drapées
Fleurs de femme Marie

Comme une traîne orpheline
Talus couverts de pluie
À la chute du soir

Lilas de femme Marie
Ne viendront plus fleurir
Ont cessé de souffrir

Dans la prairie rabougrie
Un ciel gris à Dieu va
L'âme défigurée


Petite mouette

Village engourdi
Des ombres se tassent
Sous l'épais nuage d'été

Volets clos
Confusion des corridors
Creusés au cœur du kersanton*

La cloche écorche l'acouphène
De ce parvis moite
D'église fermée

Tête noire
Chagrin de petite mouette
Au souffle épuisé


*kersanton : roche granitique du Finistère


Fin de jour

L'érable frémit
Bruissement d'ombre

L'ombre sans limites
Se penche sur terre

Un grand laurier-tin
Se voile de nuit

Une ride coule
Peut-être une larme

La pudeur habille
Le cœur du bocage

Nuit

Le monde tourmente la nuit
Où mon âme s'avance
En peine de ses ombres

Désolation de mon âme
Gorgée de petits riens
Dans la longue allée de fusains

Nuit que l'on dit intérieure
Et même sans mémoire
Que d'aucuns percevront obscure


Creux

Le hameau ruisselle
Les feuilles dévalent
Sous le premier vent

L'ombre des érables
S'oublie dans le creux
Où rampent les mousses

Pourtant sous mes pas
Vacille
L'empire du temps

L'empreinte
D'un miroir en creux


Tourbières

Tréfonds des tourbières
Remous croupissants

L'âme en leurs méandres
S'agite sans bruit

Dans l'aveuglement
De la turbulence

Toute l'âme vide
Se tapit et souffre

Dans cette tourbe où
Serpente la pluie

Songes

Brumes
Pâles buées
Lent tissu du crépuscule

Rides et gerçures
Des songes au fond des dunes

Au lointain
D'une demeure
De terre battue

Des traces de larmes
Sur son hâle du visage
Femme
Dans la demeure
Des songes au crépuscule

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