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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
La Minute bleue de l'aube
Fenzy Estelle
Toute une année, à l'aube, dans la maison encore endormie, laisser venir les pensées, les mots. S'accorder une minute bleue : un îlot de poème avant le tourbillon du jour.

Il y a tant de bruit au fond de moi
Pourtant je dors dans mon enfance

                 ***

Où sont les clés de l'horizon

J'attends que l'aube s'échappe
On ne retient pas la lumière


Format: 12x17
Nombre de pages: 122 pages
ISBN: 978-2-84418-377-4

Année de parution : 2019

13.00 EUR
disponibilité : Sous 7 jours
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Dehors la lumière est lointaine
Ferme les volets

Que rien ne puisse partager mon silence

        ***

Le ciel respire

Et moi
cheveux en arrière
dans son haleine grise

flotte doucement
comme une noyée

        ***

Elle monte du sol
la rumeur de l'aube

Elle était à l'étroit sous la terre

 

 

Écrire
Tenir ouverte
la bouche de l'enfance

        ***

La nuit s'éloigne

Délivrances heureuses
futurs fantômes

peinent à m'apprendre qui je suis

        ***

Paupières ouvertes
ce voile sur mes yeux

Est-ce la peau des rêves
ou la mélancolie

 

 

 

Oublie-moi nuit tardive

Tu veux jouer pile et face
Je m'interpose

Je n'aime pas mourir

        ***

L'aube
me tient muette
Je n'écris rien

Les mots
ne sont pas pour moi
ce matin

        ***

Poème

Exil intérieur
où l'on demande asile

à soi-même

 

 

 

On dirait
le coq chante à l'avance

Plongée dans le très noir
de mon café

Je n'ai pas vu le jour
arriver

        ***

Visage du jour

Un être qu'on a cessé d'aimer
mendie ta voix au téléphone

On lui garde la tendresse
On ne veut plus de ses baisers

        ***

Au mitan de la nuit
même les oiseaux dorment

Seuls les chats savent
où s'est caché le ciel

 

 

 

Poème inconnu

Voir avec les mots
la réalité est aveugle

        ***

On ne chasse pas la nuit
Elle s'en va
(c'est doucement)

        ***

La pluie tombe en fagots
Je les réunis

Le soleil levant
allume un grand lac de joie

 

 

 

Échanger
mon souffle
avec la nuit

Que son silence
de moi s'empare

s'écrive aussi

        ***

Entends-tu le pouls ralenti
de la nuit

L'aube
comme une paix retrouvée
une convalescence

        ***

La nuit est l'unique peau
des désespérés

 

 

 

L'obscurité nous dilue
nous sème et nous mue
éteint bien avant l'aube
toute idée de nous-mêmes

        ***

Où sont les clés de l'horizon

J'attends que l'aube s'échappe
On ne retient pas la lumière

        ***

Revenir de la nuit
comme
du bout de soi-même

Garder la mémoire
de ce qui a tremblé

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