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La dernière critique



La lecture de ce livre m'a bouleversée et je n'aurais pu attendre le lendemain pour le terminer, si heureuse de ce printemps et de cette renaissance qui en font le dénouement. La belle écriture de M H Prouteau donne à ce récit son juste sens et sa force. Chaque mot pour dire les maux est "à sa place"; la liaison entre les thèmes abordés est très habile et extrêmement intéressante. Un livre très fort.
Marie-claire, une lectrice de la librairie "Le Bleuet" à Banon (04)
Ma page blanche, mon amour
Baron Marc

...les poèmes de Marc Baron disent la puissance du désir d'écrire et l'exigence qu'elle entraîne et invente, ils témoignent d'un cheminement intérieur, d'une as-cèse, de la voie étroite. La page, le pays, lumineuse voie d'ascèse.
Le poète parle-t-il du poème à naître ? Certes, mais sa traque au fond d'un créateur particulier et unique fait écho en chacun de nous. L'exigence du poème devient l'exigence d'être...
Annie Salager (Extrait de la préface)


Format: 12x17
Nombre de pages:
80 pages
ISBN:
978-2-84418-246-3

 

Année de parution : 2012

12.00 EUR
disponibilité : Sous 0 jours
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Avant d'écrire, j'ai besoin, comme le coureur à pied que je suis, de longues minutes d'échauffement : j'ouvre un livre choisi à l'avance ( souvent le même pendant des semaines) et je le feuillette dans une attitude oblative. Des mots me sautent alors aux yeux et certains d'entre eux viennent impressionner ma pellicule intérieure et se retrouvent pris là, dans mon poème.

*

Quand il m'arrivera (ce n'est pas si rare et m'agace au plus haut point) qu'on me dise : « Vous avez de la chance de pouvoir écrire, moi je n'ai pas le temps », je répondrai désormais par ces lignes de Paul de Roux que j'apprendrai par cœur : Quand on travaille beaucoup on a beaucoup de temps, c'est le paradoxe. Le temps qui n'est pas négligé, qui est tenu pour un don précieux qui entre peut-être dans nos « derniers temps » se montre reconnaissant de l'attention que nous lui manifestons, il se dilate et fructifie : il ne nous manque plus.
Tout en recopiant ces lignes, je me dis que de m'être arrêté dans ce lieu appelé « La Pendule » n'est peut-être pas un hasard.

*

Violence du désir
Et violence de l'inattendu

Ne pas dormir

Ouvrir le livre

Intensément le vide

Attendre la plénitude

16 avril 2004

Les 54 citations en miroir des 54 poèmes sont le fruit de mes lectures librement orientées faites pendant l'année d'écriture de ce livre (du 9 avril 2004 au 9 avril 2005). J'ai lu ou relu des centaines d'ouvrages de ma bibliothèque, m'appliquant à relever uniquement ce qui avait à voir avec l'écriture, la page blanche, l'attente amoureuse. Les poèmes terminés, j'ai disposé, selon mon désir, page par page, ces bribes moissonnées qui donnent une sorte d'acquiescement à mon travail

S'il faut donc chercher à l'écriture une origine qui soit autre chose qu'une frustration du cœur et une revendication de puissance, c'est de ce côté qu'il nous faut nous tourner : vers cette passion du silence et du vide, au plus profond de la mémoire.

Claude Louis-Combet
Du Sens de l'Absence


1

Ma page blanche, je te retrouve après la traversée, le long silence aride, le manque de sens et d'envie

Et pourtant le désert fut fertile au profond de moi, dans le puits qui me sauve, dans le sentiment de la source

J'ai ouvert à l'éclair

J'ai compris que l'insondable avait sa place à mes côtés

Où irais-je qui ne soit le lieu qui m'habite ?

Je suis là où l'on m'a reconnu
Fougères, 9 avril 2004
Il y a une naissance et une renaissance, un croisement d'amour, et un resurgissement perpétuel dans l'écriture. L'écriture est résurrectionnelle.

Valère Novarina
Revue l'infini, été 1987


2

Ma page blanche, ma bien venue, toi qui m'arraches chaque jour à la tentation du rien faire

Prends en moi la rage enfouie sous les convenances du bien écrire

Enlève la couche de sentiments asphyxiant la force qui me retient de casser la baraque

Ma demeure est ailleurs, dans le feu, dans la faille

Conduis-moi sur le chemin désordonné des quatre vents de l'insolente résurrection

19 avril 2004
Une grande page blanche palpitante dans la lumière dévastée dure jusqu'à ce que nous nous rapprochions.

André Du Bouchet
Dans la chaleur vacante


3

Ma page blanche, le monde t'attend mais ta patience est hors les murs

J'écris sous ton emprise, de toi je suis sûr, j'ai le temps que tu as

L'écriture est l'immensité offerte à celui qui s'ouvre au tout venant

Et ce qui vient s'engrange et mûrit en lui jusqu'à la semaison promise

Ma page blanche, tu m'attends sur le seuil, tu me recueilles, tu me prends

23-27 avril 2004

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