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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Paysage aux neuf corbeaux
Le Gros Marc

Nés de l'expérience de l'auteur d'avoir à demeure un grand corbeau, ces textes racontent cette rencontre, transcendant la barrière des espèces dans un face-à-face dénué de tout anthropomorphisme. Le second volet, Lumière noire, accompagne la corbeau de la branche, d'où il évalue le monde, à l'autonomie et au vol.


 Format: 17 x 12
Nombre de pages: 94 pages
ISBN: 978-2-84418-175-6

 

Année de parution : 2009

13.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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1


On l'a installé dans le jardin
Sur la branche basse d'un vieux pommier cassou
La patte nouée d'un long fil jauni
D'électricité
Il a ses airs déjà de
Gitan fatigué
Ses paresses légères
D'ailleurs il voyage peu
Un coup de paupière lui suffit pour
Brouiller la fréquence du jour affoler
Les marées le rythme
De respiration
Des crocus
La preuve des saisons nous échappe
Et c'est en vain alors qu'on
Attend les appels des huttiers
Le passage habituel des halbrans
Dans les couloirs bien lissés du temps
Parfois
Quand la frousse lui bleuit l'aile lui donne
Cette couleur de ciel de traîne
Et que moi-même j'hésite un peu plus
à me tenir encore sous mon nom
à prendre cette plume à
Signer ma fatigue
On s'amuse tous les deux
On s'absente
Comme ces chasseurs narquois qu'on cherche
Le matin
Dans le journal
Invisibles et brouillés parmi les arbres de papier
Pleins d'encre pourtant
écrits noir sur blanc
Dans le paysage


2


Gérard c'était son nom de crypte et de pierre double
En mémoire d'un poète qui ne parlait pas
La langue bien faucardée du jour
D'un désobéissant tout juste bon à jeter
Par-dessus bord
Par-dessus ce
Fringant « vaisseau de l'actualité »
Que tu chantais Maïakovski
Avec sa quille de lumière filant vers l'étoile
Le fer de lance affûté de l'étrave
Et ce fracas de banquise éclatée
Mais je ne vois pas ses feux de route
Cet incendie de tourbe non plus ce
Long bûcher où couve la douleur claire
Du temps
Où les mots attendent comme ces petits œufs d'avril
Autrefois dans la batteuse affolée de l'enfance
Alors les trains flambent on
S'accroche aux branches de la nuit
Comme lui
Sur la coursonne basse du vieux pommier cassou
Vieux navajo rempaillant sa mémoire
La navette goguenarde l'air
De ne pas y toucher de n'être
Pour rien
Dans l'abattage incroyable de nos cartes
De mettre même chaque fois sa main à couper
Et la boîte en fer blanc soulève le cœur quand
On lui tend
Enrobé sur un bâton taillé de laurier palme
La pâtée ordinaire du jour
Alors il nous regarde comme de très loin nous
Passe on dirait
Dans la transparence infinie de son œil
Et c'est nous qui broyons du noir devant
La trame de la voile
La lanterne du mât
La corde
Laissée négligemment sur le pont car
Il est là déjà
Sur ce long bateau blanc qui s'en va
De Beyrouth à Saint-Jean-d'Acre


3


Le crâne enfoncé dans son caban de nuit
Le grand corbeau n'avoue jamais
Il se tient
Sur la branche basse du vieux pommier cassou
Le cou
Roulé dans l'écho des montagnes
Ou l'aile déchirée encore à ce pan de falaise
Comme un crochet dans la mémoire
Le même pli de l'œil répétant
Ses absences
La même chanson muette le même
Bec levé tout seul à découvert
Sensible
Traversé d'ondes comme la première
Rose de Noël comme
Le doigt dressé des gamins d'autrefois
Qui jouaient aux marins
Je les revois immobiles soudain
Souffle rentré
Guettant l'écho glacé du vent
Sur l'index mouillé
Et les yeux se fermaient à demi
Quand la voix sans rire prononçait
La figure du temps
Mais le pouls du monde bat tout seul
On suit l'orange tendre des jeunes pousses
Du tilleul le petit scarabée
Avec son pas comique d'éléphant
On se débrouille
Avec nos propres alibis
Parfois on se regarde furtivement
Et c'est à peine si on se reconnaît
On tient nos langues

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