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La dernière critique



La lecture de ce livre m'a bouleversée et je n'aurais pu attendre le lendemain pour le terminer, si heureuse de ce printemps et de cette renaissance qui en font le dénouement. La belle écriture de M H Prouteau donne à ce récit son juste sens et sa force. Chaque mot pour dire les maux est "à sa place"; la liaison entre les thèmes abordés est très habile et extrêmement intéressante. Un livre très fort.
Marie-claire, une lectrice de la librairie "Le Bleuet" à Banon (04)
Que la terre te soit légère
Tanguy Pierre

La mort en face.
Brutale, celle d'un père.
De cette expérience commune et douloureuse, Pierre Tanguy tire une chronique poétique directement inspirée par des notes prises sur le vif.
L'auteur prolonge son « récit clinique » par une méditation sur la figure du père défunt. Il le fait sous forme de fragments, en traquant dans la nature tous les signes d'une présence aimante du disparu.
Postface de François Cassingena-Trévedy, écrivain, moine bénédictin de l'abbaye de Ligugé.


Format: 12x17
Nombre de pages: 96 pages
ISBN: 978-2-84418-150-3

 

Année de parution : 1999

 

13.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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1

Et pourquoi cet espace
où règne un si grand froid.
Claude Vigée

La salle de réanimation,
ton corps agité de spasmes
ton petit torse blanc.
Nu.
Père, comme tu as vieilli !

C'est arrivé
près des bruyères
un soir au bas de l'escalier.
Tu t'es effondré
portant la main sur l'arrière de la tête
comme après un coup de massue
puis perdant tes eaux
comme une femme enceinte.
J'ai quitté mon travail dès l'alerte
pestant contre le soleil couchant
qui aveuglait ma route.

Soutenue par la bonne voisine,
mère attend recroquevillée
près de la table de cuisine.
Elle s'écroule dans mes bras.

L'hôpital, massif bloc de béton,
ouvert au noroît sur la colline.
Bloc 2, vous ressortez à gauche
- Bon courage -
dit aussi l'hôtesse.
Il n'y a pas d'espoir
- Quelques heures, peut-être quelques jours -
dit le médecin de garde à l'accent prononcé.
Tu te bats père,
ton cœur si solide.
La nuit tombe,
cavale blanche.

Nous nous perdons dans les couloirs
sortant de l'ascenseur.
L'angoisse, soudain.
Dehors le noir.

Je ne dors pas
murmurant des paroles de soutien à distance.
En chien de fusil sur l'édredon,
j'attends l'aurore,
l'angélus de 7 heures.
Mère gémit dans la chambre à côté.
Je m'approche et tends la main.
Elle sursaute
- C'est toi !
Ah ! tu as la même main que ton père -
Nous tenons mère par l'épaule,
elle penche la tête vers sa poitrine.
Le médecin de famille est affable,
il pose l'ordonnance près de la corbeille de fruits
et ne demande rien.

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