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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Les voix
Le Corre René

Une voix, des voix, légères et vives. Je les entends pendant que j'écoute la cantate quotidienne de Jean-Sébastien Bach. Puis j'entre dans la conversation. C'est une fête qui se prépare, une communauté d'amis pour un temps. Puis chacun retrouvera sa vie. Et j'écoute à nouveau l'aria et le choral final de la cantate n°34. Jardin des délices.
Une voix, des voix. « Fides ex auditu » (la confiance dans la vie vient de la parole aimée). On peut vivre à cause de ces voix, de cette voix. Même derrière la cloison, derrière des murs. Même dans l'absence sans autre remède que le souvenir.


Format: 12x17
Nombre de pages: 144 pages
ISBN: 978-2-84418-217-3

 

Année de parution : 2011

14.00 EUR
disponibilité : Sous 0 jours
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Ce recueil de textes reçoit le titre du dernier d'entre eux : « Les Voix ».
Les voix, les lettres, les noms, termes qui désignent l'univers infini du langage, de l'homme parlant, désirant, créant. C'est là qu'on tente de faire le point, lequel aussitôt devient point d'interrogation, la question. Ce qui pourrait se dire en quinconce ;

                                                 les noms
                le point
                                                 les lettres
                                                                               la question
                                                  les voix

On y verra plutôt, sans doute, une rumination dans les prairies (très) ordinaires,
ou, mieux, une promenade, papillonnante, mais soucieuse de nommer chaque brin d'être, herbe, oiseau, homme, femme, chaque être double, à la fois banal et singulier. Comme le sont les mots, les noms, communs et propres. L'arbre n'existe pas, ni l'homme, mais il y a ce chêne avec son banc circulaire, sur lequel je m'assieds, dans le bois de Penfeld, il y a, parmi d'autres, le beau hêtre de l'allée des hêtres au-dessus de l'étang de Chateaubriand, il y a René, Brigitte, il y a le cognassier qui nous a donné tant de fruits cette année.

Et tout est plein de voix. C'est le monde.


                                                Les Noms


« Il dit, le staretz, que n'importe quel nom de Dieu,
n'importe quel nom quel qu'il soit, a un pouvoir
 qui lui est propre et que ce pouvoir se met à agir
quand on commence à prononcer le nom »
Franny,
dans « Franny et Zooey » de J.D. Salinger




Pourquoi a t'on appelé « pseudo-Denys » l'auteur du livre des Noms Divins, est-ce uniquement parce qu'il avait usurpé l'identité d'un converti de l'apôtre Paul, Denys, appelé plus tard Denys l'Aréopagite (Actes 17,34) ? ou parce qu'il voyait dans les « noms divins » des pseudos, des faux noms incapables de convenir, des noms trop humains, indignes de celui qu'aucun nom ne peut nommer ? Denys dans la ligne de Proclus et de Plotin.
Mais pourquoi cela nous séduit t-il encore, cela qu'on a appelé la théologie négative, puisqu'il n'y a plus de Dieu à nommer ou qu'il est, tout au plus, le X, le nœud invisible, inexplicable, de toutes explications, si ce n'est que les noms que nous attribuons (les « attributs ») n'appartiennent pas aux êtres ni aux choses mais les désignent, les célèbrent, sans toucher leur réalité réelle.
Cependant beaucoup de croyants n'ont pas besoin de « noms » pour leur dieu, ils l'appellent « Toi », ils en appellent à son Altérité, ils se suspendent à cet Autre dont ils attendent, toute leur vie, la réponse.
Et moi aussi, je t'appelle, « toi », j'appelle, et j'attends ta réponse et, en même temps, oublieux du souci de Denys de ne pas nommer le non nommable, je te donne tous les noms, je rameute l'immense cohorte des noms, je brasse les fleurs, j'attrape les papillons, les oiseaux, j'invoque les femmes célèbres, les fables, les dictionnaires spécialisés qu'utilisent les biologistes, les botanistes. Mais je ne suis pas oublieux du souci dyonisien, au contraire, conscient de l'infirmité du langage à combler l'abîme entre « toi » et « moi » en accumulant désespérément les noms à l'infini, je n'essaie pas de te nommer mais je t'invoque, toi parmi toutes les autres, avec le nom de toutes les autres, les noms de tout ce qui peut, de loin, de près, approcher le cœur du réel. Ainsi les poètes (Ponge, Jaccottet...), écrivent des pages et des pages à propos d'un mimosa, d'une fleur de cognassier, dans l'émerveillement de la présence et l'impuissance des mots à l'évoquer.
Je t'écris encore, je t'écris dans mes pensées, marchant, le pied ferme, dans le chemin creux, pierreux, parmi les feuilles, puis marchant  le long de l'estuaire lorsque la rivière s'élargit tout d'un coup et les collines apparaissent vertes, douces, plantées d'arbres, et les cols verts tiennent concile sur le plan d'eau frissonnant. Je t'écris, ici maintenant, toi derrière la cloison, moi à mon bureau, ce tissu de conversation est plus dense que les entrelacs des branches et des feuilles du grand chêne, plus clair et plus profond que la surface sans cesse changeante de l'eau noire du fleuve. Je suis de nouveau habité de pensées, après ce temps de désert, de nouveau déchiffrant des signes, j'essaie de retrouver l'évidence toute proche et difficile du réel, des choses, des êtres, laissant les discours, ne désirant que le vrai désir de ce qui blesse et comble, le manque toujours manquant de mon être coupé, laissant les discours mais incapable de ne pas discourir, ayant cette faiblesse depuis longtemps de recouvrir de mots (et comment faire autrement ?) le surgissement possible du réel, la vérité non idéalisée, non imaginée, du monde, ma demeure, de toi, ma compagne. Mais faut-il dire : vérité, on ne peut dire, au bout de tous les discours, que quelques mots comme : voilà, c'est cela, c'est toi et moi et c'est le monde, la vie n'a pas besoin d'être nommée mais d'être vécue.
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