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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Prophète (Le)- Le Jardin du Prophète - La Mort du Prophète
Gibran Khalil
Traduction Anne Juni.

Certains livres, rares, tirent leur caractère unique de ce que leur gestation a la dimension d'une vie humaine tout entière. C'est le cas du Prophète, dont Khalil Gibran eut l'intuition à Seize ans, mais qu'il porta en lui durant un quart de siècle. Autrement dit, ce livre singulier à plus d'un titre a accompagné tout le parcours d'homme de son auteur et est le contemporain de toutes ses oeuvres.

C'est dans la composition du Jardin du Prophète que Gibran va épuiser ses dernières forces, et le livre ne paraîtra d'ailleurs que deux ans après sa mort. Au caractère lumineux des paraboles du Prophète a succédé une tonalité plus sombre, plus grave, ne serait-ce que par les thèmes abordés: la séparation, la laideur, la solitude, le temps... La dimension autobiographique est ici plus présente que dans la plupart de ses ouvrages, au point qu'on peut y voir comme une sorte de testament spirituel.


Format: 12x17
Nombre de pages: 192 pages
ISBN: 978-2-84418-067-4

 

Année de parution : 2004

 

19.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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Almustafa, l'élu et le bien-aimé, qui était l'aube de son propre jour, avait attendu douze ans dans la cité d'Orphalèse le retour du navire qui allait le ramener dans son île natale.
Et en cette douzième année, au septième jour de Ielool, le mois de la moisson, il gravit la colline à l'extérieur de l'enceinte de la cité et regarda le large ; et il aperçut le navire qui arrivait avec la brume.
Puis les portes de son cœur s'ouvrirent en grand, et sa joie s'envola sur la mer. Et il ferma les yeux et pria dans le silence de son âme.
Mais alors qu'il redescendait de la colline, la tristesse l'envahit et il pensa en son for intérieur :
Comment pourrai-je aller en paix et sans peine ? Non, je ne quitterai pas cette cité sans une blessure à l'âme.
Longs furent les jours de souffrance que j'ai passés à l'intérieur de ses murs, et longues furent les nuits de solitude ; et qui peut abandonner sa souffrance et sa solitude sans regret ?
J'ai dispersé trop de fragments de l'esprit dans ces rues, les enfants de mon attente sont trop nombreux qui marchent nus parmi ces collines, et je ne puis m'en détacher sans culpabilité ni douleur.
Ce n'est pas un simple habit que j'enlève en ce jour, mais une peau que je déchire de mes propres mains.
Ce n'est pas non plus une pensée que je laisse derrière moi, mais un cœur que la faim et la soif ont adouci.
Mais je ne puis demeurer davantage.
La mer qui appelle toutes choses vers elle m'appelle, et je dois embarquer.
Car rester, bien que les heures brûlent dans la nuit, c'est se figer, cristalliser et être fondu dans un moule.
J'emporterais volontiers avec moi tout ce qui est ici. Mais comment le pourrais-je ?
Une voix ne peut pas emporter la langue et les lèvres qui lui donnent des ailes. Elle doit s'élancer seule dans l'éther.
Et seul et sans son nid, l'aigle volera dans le soleil.
À présent qu'il était parvenu au pied de la colline, il se tourna à nouveau vers la mer, et il vit son navire qui approchait du port, et à sa proue les marins, des hommes de son pays. Et son âme cria dans leur direction :
Ô fils de ma mère ancienne, vous cavaliers des flots, maintes fois vous avez navigué dans mes rêves. Et maintenant vous arriver dans mon réveil, qui est mon rêve le plus profond.
Je suis prêt à partir, et mon impatience aux voiles déployées attend le vent. Je vais respirer une dernière fois dans cet air calme, je vais regarder encore une dernière fois en arrière
Puis je serai parmi vous, un marin parmi ses pairs.
Et toi, vaste mer, mère infatigable,
Qui seule accorde la paix et la liberté au fleuve et au ruisseau, Ce ruisseau n'a plus qu'un seule courbe à emprunter, un seul autre murmure à pousser dans cette clairière,
Et puis je viendrai vers toi, une goutte infinie dans un océan infini.
Et tout en marchant, il vit au loin des hommes et des femmes qui quittaient leurs champs et leurs vignes, et se ruaient vers les portes de la cité.
Et il entendit leurs voix qui appelaient son nom, s'interpellaient de champ en champ pour s'annoncer l'arrivée du navire.
Et il se dit :
Le jour de la séparation sera-t-il le jour de la réunion ?
Et dira-t-on de mon soir qu'il était en vérité mon aube ?
Et que donnerai-je à celui qui a laissé sa charrue en plein sillon, ou à celui qui a arrêté la roue de son pressoir à vin ?
Mon cœur va-t-il devenir un arbre chargé de fruits que je pourrai cueillir et leur distribuer ?
Et mes désirs couleront-ils comme une fontaine pour que je puisse remplir leurs coupes ?
Suis-je une harpe pour que la main du Puissant puisse me toucher, ou bien une flûte pour que Son souffle passe à travers moi ?
Je cherche le silence, et quel trésor ai-je trouvé dans le silence que je pourrai dépenser avec confiance ?
Si c'est mon jour de récolte, dans quels champs ai-je semé la graine, et en quelle saisons oubliées ?
Si c'est bien là l'heure où j'élève ma lampe, ce n'est pas ma flamme qui y brûlera...
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