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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Khalil l'hérétique
Gibran Khalil

Ce texte de l'auteur du célèbre Prophète est à la fois Gibran lui-même et un avatar du Christ dont le message de révélation par l'amour aurait été entendu.


Format: 12x17
Nombre de pages: 88 pages
ISBN: 978-2-84418-009-4

 

Année de parution : 2000

 

12.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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Le Cheikh Abbas était considéré comme un prince par la population d'un village isolé du Nord Liban. Son château se trouvait au milieu des masures des pauvres villageois comme un géant robuste au milieu de nains souffreteux. Il vivait dans le luxe tandis qu'ils menaient une existence miséreuse. Ils lui obéissaient et s'inclinaient révérencieusement devant lui quand il s'adressait à eux. C'était comme si le pouvoir de l'esprit l'avait désigné pour être son interprète et son porte-parole officiel. Sa colère les faisait trembler et se disperser comme des feuilles d'automne dans la bourrasque. S'il venait à donner une gifle à quelqu'un, c'eût été une hérésie de la part de celui qui était giflé d'esquisser le moindre mouvement, de relever la tête ou tenter de découvrir ce qui avait provoqué ce soufflet. S'il souriait à quelqu'un, les villageois considéraient que la personne qui avait été ainsi honorée était bien chanceuse. La peur de la population et la capitulation devant le Cheikh Abbas n'étaient pas dues à la faiblesse ; leur pauvreté et le besoin qu'ils avaient de lui étaient la véritable raison de cet état d'humiliation permanente. Les huttes dans lesquelles ils vivaient et les champs qu'ils cultivaient appartenaient tous au Cheikh Abbas qui en avait lui-même hérité de ses aïeux. La culture des terres, les semailles et la récolte du blé étaient toujours faits sous la surveillance du Cheikh qui, en récompense de leur labeur, les dédommageait d'une petite portion de la récolte qui les empêchait tout juste d'être rongés par la faim.

Il arrivait souvent que certains d'entre eux eussent besoin de pain avant que la récolte ne fût commencée ; ils allaient trouver le Cheikh Abbas et lui demandaient, en versant force larmes, de leur avancer quelques piastres ou un boisseau de blé. Le Cheikh accédait volontiers à leur requête car il savait qu'ils rembourseraient doublement leur dette quand le temps de la récolte viendrait. Ainsi ces gens restaient-ils ses obligés toute leur vie, laissaient des dettes en héritage à leurs enfants et étaient soumis à leur maître dont ils s'étaient constamment efforcés de se concilier, en vain, l'amitié et le bon vouloir.

 

L'hiver arriva et avec lui, la neige épaisse et les vents violents ; les vallées et les champs se vidèrent de tout à l'exception des arbres dépourvus de feuilles qui se dressaient comme des spectres de mort sur les plaines sans vie.

Après avoir stocké les produits de la terre dans les coffres du Cheikh et rempli ses vases du vin des vignes, les villageois se retiraient dans leurs huttes pour passer une partie de leur existence désoeuvrés au coin du feu, à se commémorer la gloire des époques passées, et à se faire le récit des journées harassantes et des longues nuits.

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