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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Madone aux vers luisants (La)
Le Gros Marc

Voici un livre qui, comme c'est souvent le cas d'ailleurs chez l'auteur, échappe résolument aux genres, aux classifications, aux catégories. à la fois journal de voyage et exégèse, carnet intime et écrit sur l'art, méditation et souvenir d'enfance, il déroule, sur ce même fil tendu où se trame souvent chez lui la culture la plus vaste et l'émotion la plus immédiate, l'histoire de Sainte Lucie, la vierge de lumière qui, dans cette Sicile que l'auteur connait bien et où il voyagea souvent, subit le martyre que l'on sait. C'était en 304 après Jésus-Christ, sous Dioclétien.

 


Format: 17 x 12
Nombre de pages: 128 pages
ISBN: 978-2-84418-174-9

 

 

Année de parution : 2009

 

13.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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Georges Perros a défini un jour la poésie comme « de la prose qui ne passe pas ». Eh bien, au fil des années, les « miz du » de Bretagne, c'est un peu pareil. D'année en année ils passent de plus en plus mal. Les horizons bouchés, les jours de plomb, l'ennui. Et pas même celui qu'aimait Benjamin Péret, « l'ennui cultivé en des serres inestimables ». Ni celui de Des Esseintes naturellement ! La mélancolie ici n'est pas un exercice d'esthète et n'a rien d'un conte pour enfant et puis, la vieille arthrose qui chaque automne vient chatouiller mon genou gauche ne me trompe jamais. Elle est la fidélité même... De là à prétendre que la poésie naît du gris et de la pluie, non, je ne dis pas cela, même s'il n'y a qu'ici, je dois quand même l'avouer, que les vers me viennent.
En tout cas, j'ai vécu ces trois mois d'hiver à Procida à quelques encablures de Naples et m'en porte à merveille. L'an dernier j'étais au nord de l'île de Karpathos, dans d'autres paysages certes mais avec encore, là aussi et jusqu'aux derniers jours d'octobre une eau tiède et du soleil. Je ne parle pas des nourritures locales, de l'huile d'olive, des poulpes et des vins de pays. De plus en plus j'aime les îles du sud.
Je dois dire pourtant et sans la moindre hésitation que c'est la Sicile qui m'aura le plus habité, et pas forcément en raison des prestiges de sa culture, riche et folle comme aucune autre ni pour ses grands sites ou ses hauts lieux. Les petites choses y ont aussi et plus qu'ailleurs peut-être leurs vertus. Et même les petits lieux, je veux dire les endroits sans classe ni pedigree ! J'avais noté naguère mais vite, entre deux lignes dans un ouvrage un peu confidentiel que j'avais consacré aux crèches de Trapani, deux belles crèches marines incrustées d'ormeaux nains qu'Andrea Tipa nous a laissées là-bas, au musée Pepoli, pourquoi le port de Sciacca qu'on rencontre sur la route de Sélinonte à Agrigente et qui ne soulève pas d'ordinaire un enthousiasme exagéré chez les voyageurs, m'était et m'est toujours si cher, car j'y retourne encore quand je le peux.
Pas pour sa crèche d'ailleurs qui ne vaut rien et qui même, pour le coup, emporterait et haut la main la palme du pire. Un réalisme affligeant, une œuvre, mais l'œuvre est
« poïésis » et on devrait plutôt parler ici d'un long pensum fabriqué ou même tout simplement d'un travail avec tout ce que le mot porte avec lui de torture gratuite et lourde, fastidieuse, une œuvre, disais-je, sans grâce où l'esprit de sérieux emporte tout sur son passage. Une sorte d'ouragan lent, obstiné, gris, qui sent la sueur et le devoir.
Ni, comme on pourrait croire, pour l'éclat de son corail, le plus habité pourtant, le plus lumineux qu'on ait jamais connu dans toute la Méditerranée, plus clair même que celui d'Ischia ou de Torre del Greco. Ferdinand Deux, le mécène d'Arcimboldo à la cour de Vienne en était tombé à ce point amoureux qu'il avait ordonné qu'on orne de corail de Sciacca toutes les gardes de ses sabres d'apparat. Ce parfait amateur de « naturalia » dont il avait peuplés son cabinet de curiosités et qui voisinaient avec les œuvres d'art les plus étranges de son temps, en avait même fait sertir le nécessaire à écrire dont il usait chaque jour pour sa correspondance privée. Et jusqu'à l'aiguière d'argent massif qui trônait sur sa table et avec laquelle ses valets lui servaient son eau.
Ce corail, le Musée des Arts et Traditions Populaires de Rome l'a d'ailleurs mis à l'honneur. Je me souviens d'y avoir vu jadis un bien étrange objet, il s'agissait d'un lange de baptême de nouveau-né sur lequel on avait ciselé d'or et d'argent les vertus thauma-turgiques. Bonjour le confort ! Seule la partie centrale était en tissu, pas n'importe lequel il est vrai. En effet, elle était constituée d'une pièce de byssus, cette sécrétion filamenteuse couleur de terre de Sienne qu'émet la grande Pinna nobilis, le « filo d'oro del fondo del mare » dont parle un vieux manuscrit génois. Des textes anciens prétendent qu'on en avait tissé les ornements sacrés du temple de Salomon et qu'il était infiniment plus précieux encore que la pourpre du murex. C'est sur ce rare byssus qu'on avait accroché le beau corail qu'on trouvait autrefois au large de Sciacca.
Non, si j'aime cette petite ville oubliée de Sicile, c'est en raison d'un de ces rendez-vous furtifs que j'ai parfois ici ou là et qui ne relèvent seulement, j'en ai peur, que de la petite mythologie personnelle, de ces rituels privés un peu magiques qui à nos yeux excusent tout, même la puérilité et les mauvaises raisons. Si du moins, dans ces domaines très intimes encore une fois, et jusqu'à la phobie même, le mot a encore un sens. Ces raisons là à vrai dire ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont d'un « autre ordre », comme on dit, un ordre que la raison justement, ne connaît pas.
Je confesse donc et sans vergogne que si pendant des années à la même époque et à peine les grilles ouvertes à la fin de l'après midi, je me précipitais à Santa Maria delle Giummare, c'était bien pour voir Lucie. Un rendez-vous d'ailleurs très chaste et muet, respectueux comme on n'imagine plus, d'une tenue donc irréprochable et d'une parfaite courtoisie.
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