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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Voyages et aventures du baron de Wogan en Californie
Wogan Emile de
Voilà un explorateur qui n’hésite pas à rendre compte de ce qu’il voit et qui, sans hésiter une seule seconde, invente aussi bien. Après James Fenimore Cooper, avant James Oliver Curwood, Jack London et beaucoup d’autres, ce récit, « Voyages et aventures du baron de Wogan en Californie », nous emmène à la recherche de cette Amérique tant rêvée par les chercheurs d’or, par les chasseurs et les coureurs des bois, et où l’inconnu et le sauvage attendent les plus intrépides. Fait prisonnier par une tribu Apache, les « Timpabaches », il est menacé de la peine de mort... La rencontre d’un personnage d’Angleterre, et d’aussi belle lignée que l’auteur, le sauvera à temps. Véridique carnet de voyage ou fable, Emile de Wogan sait en tout cas raconter des histoires.

 Format: 12x17
Nombre de pages: 208 pages

ISBN: 978-2-84418-347-7

Année de parution : 2017

6.50 EUR
disponibilité : Sous 0 jours
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Arrivée à San Francisco - Description
de cette ville - Départ pour les placers -
Le claim - Première déception

Dans les derniers jours de 1850, l'Isthmus, bateau à vapeur de la Compagnie Américaine sur l'océan Pacifique, débarquait sur le quai de San Francisco une trentaine de passagers qu'il amenait de Panama. Parmi ces voyageurs que le besoin d'aventures, de spéculations ou la fièvre de l'or amenait en Californie se trouvaient quatre Français poussés loin de leur patrie par les contrecoups des convulsions politiques. Partis de différents points du sol natal, des rangs sociaux ou des partis existants, ils s'étaient liés les uns aux autres par le contrat d'une de ces associations industrielles que faisaient éclore en ces temps agités les bouillonnements de la société européenne d'une part, et de l'autre, la réputation exagérée des mines d'or de la Californie ; il ne s'agissait de rien moins que de l'exploitation d'une machine nouvelle, qui, appliquée au lavage des terres aurifères, devait donner de merveilleux résul­tats, autant du moins que l'avaient annoncé beaucoup de journaux grands et petits, sur la quatrième page desquels les amateurs de collections pourraient bien trouver encore son dessin : coupe, profil et élévation. Un des qua­tre associés est l'auteur des pages suivantes, extraites d'un journal tenu aussi régulièrement que les circonstances le lui ont permis et qu'il se propose de publier en entier si l'échantillon qu'il en donne aujourd'hui pouvait éveiller l'intérêt des lecteurs !
À cette époque, San Francisco n'était pas encore la grande cité qui s'intitule pompeusement, à l'heure présente, la Reine du Pacifique. Sa population, qui dépasse aujourd'hui 100 000 âmes, atteignait à peine alors au quart de ce chiffre. Son développement rapide, incessant, est dû tout entier à la rare énergie de sa population, qui possède toutes les qualités de ses nombreux défauts.
Rien n'a pu l'abattre : ni les plus graves excès, ni les désordres administratifs les plus scandaleux, ni les désastres effroyables d'immenses incendies, ni les secousses moné­tai­res, ni les découragements, ni les paniques. San Francisco a triomphé de tout, et ses immeu­bles recherchés subissent une hausse progressive qui témoigne des promesses de l'avenir. Tout y subit l'influence de l'heureuse impulsion de sa jeunesse ; tout s'y installe et prospère. On sent que les métaux précieux, l'agriculture, le commerce, l'industrie doi­vent faire, par leur concours intelligent, la grandeur de la Californie. Aucune des conditions modernes de la civilisation ne manque à la métropole de ce pays. Le gaz et l'eau ont des conduits dans toutes les rues, des omnibus circulent partout, d'élégants équipages et de nombreuses voitures de place sillonnent tous les quartiers. Francs-maçons, sociétés de bienfaisance, caisses d'épargne, congréga­tions, sociétés bibliophiles, vastes chantiers de construction, immenses ateliers de fonderie, scieries mécaniques, télégraphie, presse, théâtres, marchés regorgeant en tout temps de légumes, de gibier, de fruits magnifiques, tout est là réuni.
L'émigration arrive de toutes parts, et s'installe à demeure dans ce pays si désert et si désolé il n'y a pas vingt ans ! Il est devenu une patrie !
Mais en 1850, la tumultueuse effervescence des éléments discordants venus de tous les points du globe pour fonder cet avenir, faisait ressembler San Francisco à un immense creuset eu ébullition, plutôt qu'au berceau d'un grand État, et après un séjour de quelques heures nous avions hâte de quitter ce théâtre de sanglantes collisions et ce foyer de toutes les mauvaises passions. Nous nous embarquâmes à bord d'un pyroscaphe qui faisait les voyages de la ville aux districts aurifères. Après avoir traversé la rade de San Francisco en frayant notre route au milieu des navires aux couleurs de toutes les nations, nous gagnâmes l'embouchure du Sacramento pour remonter le cours de ce fleuve. Le paysage de ses bords nous offrit les plus riants aspects ; de chaque côté s'étendaient de verdoyantes savanes, ou de jolis bois peuplés de nombreux troupeaux de cerfs ; une suite de collines couvertes de bouquets de chênes égayait la perspective ; à l'horizon une chaîne de hautes montagnes servait de cadre au tableau.
Nous naviguions, suivant de l'œil ce panorama délicieux depuis quelques heures, lors­que nous aperçûmes à une distance d'environ un mille en avant de nous, un brick anglais de commerce qui paraissait à l'ancre ; nous hélâmes pour l'engager à nous laisser le passage libre ; il répondit avec son porte-voix en anglais : I am aground in the middle of the passage, the other part of the river being obstructed by a sand bank. (Je suis échoué au milieu du chenal et tout le reste du courant est obstrué de bancs de sable.) Ceci ne faisait pas l'affaire de notre capitaine yankee qui prit le parti de passer quand même, par-dessus le corps de l'Anglais s'il le fallait ; effectivement, à peine avait-il échangé avec nous un regard d'intelligence, qu'il commandait au chef mécanicien d'opérer un mou­vement rétrograde, puis imprimant à la vapeur toute sa puissance, notre steamer s'élança dans l'espace jugé libre entre la rive et le bâtiment échoué. Le choc fut terrible, mais le Yankee passa emportant avec lui une partie du bordage de tribord du pauvre bâtiment anglais. Quant à nous, nous y perdîmes notre bastingage et le tambour de notre roue de bâbord, quelques voyageurs peu habitués à la mer y perdirent leur équilibre et roulèrent pêle-mêle parmi les denrées de toute espèce qui encombraient le pont. Nous arrivâmes sans autres accidents à San-Sacramento, qui était notre première étape en Californie. Sacramento, la seconde ville de cette région, doit, comme San Francisco, son origine aux mines d'or ; elle est située sur la rive gauche du fleuve dont elle porte le nom. Aussitôt après notre débarquement, nous nous mimes enquête d'une charrette et d'un attelage pour transporter nos bagages aux placers de Grass-Valley, où nous avions l'intention d'expérimenter notre machine. Quelques heures après nous suivions, la cara­bine sur l'épaule, notre véhicule portant l'avenir de notre association et avançant péniblement sous les efforts de quatre mulets. À la fin du jour nous fîmes halte dans un lieu découvert pour y passer la nuit, et, le lendemain avant l'aube, nous nous remîmes en route. Le pays que nous traversions était inhabité, ce n'était alors que rarement que nous apercevions le long de quel­que cours d'eau une habitation isolée. Nous suivions quelquefois des portions de route qui jadis avaient dû être fort belles. Ces vestiges étaient encore l'ouvrage des missionnaires, qui, au temps de leur puissance, avaient voulu relier les diverses missions entre elles afin de rendre les communications plus faciles. Le pays devenait de plus en plus accidenté à mesure que nous avancions, ce qui retardait beaucoup notre marche. De onze heures à une heure nous faisions ordinairement halte pour laisser passer la grande chaleur et reposer nos mules. Nous apportions la plus grande prudence, le soir, dans le choix du lieu de notre campement et le jour dans l'ordre de notre marche, le pays étant infesté par des vagabonds, chercheurs d'or occultes, qui au lieu d'interroger laborieusement le sein de la terre, trouvaient plus commode et moins fatigant de se procurer ce précieux métal en dévalisant les voyageurs. Enfin nous parvînmes au village de Rough-and-Ready (brusque et prêt), dans la vallée où s'élève Nevada-City ; là nous eûmes pour la première fois devant les yeux l'aspect d'un placer de mineurs. Au fond d'un ravin qui semblait avoir été bouleversé par un ouragan, une grande quantité d'arbres avaient été arrachés du sol ; au milieu d'excavations profondes, on voyait les mineurs courbés sur leurs pics avec lesquels ils retiraient les couches de terre aurifère pour aller les laver à près d'un mille de distance ; plus loin un autre plus heureux, plongé dans l'eau glacée jusqu'aux reins, lavait la terre dans un plat de fer battu pour en extraire l'or. De chaque côté du ravin étaient échelonnées les habitations des mineurs, consistant en tentes de toutes formes et en cabanes de planches de cèdre. Après avoir contemplé quelque temps ce spectacle si nouveau pour nous, nous continuâmes notre route pour Grass-Valley, où nous arrivâmes le surlendemain. Quoi que plus considérable, ce placer avait le même aspect à peu de chose près que celui de Rough-and Ready. À peine étions-nous arrivés que nous fûmes entourés par un flot de curieux, nous regardant avec étonnement déballer notre précieuse machine ; nous dres­sâmes aussi notre tente sous un massif de verdure qui nous fut indiqué par des Suis­ses, avec lesquels nous visitâmes le placer dans toute son étendue avant de nous livrer au repos dont nous avions tant besoin. Vers minuit, nous fûmes tous réveillés par la tempête. La foudre, grondait avec fracas, et sa voix altière se répercutant dans les échos des trois montagnes qui dominaient le placer, sem­blait plus terrible encore ; notre tente résista au choc du vent, grâce à ses cordages neufs et à ses piquets de fer, mais non à la pluie qui s'infiltrait, fouettée par le vent, en masses épaisses, brouillard qui eut bientôt traversé nos couvertures et nos vêtements, et nous trempa jusqu'aux os. Le jour arriva enfin, et ayant allumé un immense feu avec les branches sèches que la tempête avait brisées, nous pûmes réchauffer nos membres engourdis ; ce n'était pas tout, il fallait monter la machine et la faire fonctionner ; dans ce but, nous choisîmes un claim, où nous fîmes nos premières expériences qui n'amenèrent aucun résultat satisfaisant. Enfin m'étant penché sur le récipient où était placé le mercure, je pus constater que l'or passait par-dessus sans s'y amalgamer ; nous fûmes consternés à cette découverte et pensâmes, d'un commun accord, que notre mercure, que nous avions eu l'obligeance de prêter au capitaine de l'Isthmes pour remplacer le sien perdu pendant une tempête sur les côtes du Mexique, avait été détérioré ; nous recommençâmes avec persévérance, mais chaque fois que nous passions le mercure à la peau de chamois, il n'y restait aucune parcelle d'or. Après avoir constaté généralement que la machine, par elle-même, était impropre au lavage des terrains aurifères, nous nous sentîmes plus ou moins découragés. Mes trois compagnons proposèrent de dissoudre la société, de partager le matériel et le reste des fonds qui se trouvaient en caisse ; j'acceptai l'offre, heureux de pouvoir enfin vivre seul de cette vie d'aventure et de liberté à laquelle j'aspirais. Ces messieurs partirent donc pour San Francisco, et moi je restai à Grass-Valley le temps nécessaire pour recueillir assez de poudre d'or, et me procurer ainsi les moyens de me livrer à la vie d'excursions que j'avais projetée.
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