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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Exilée, Adèle Hugo (L')

Comment se libérer de la figure tutélaire du père et de la solitude des iles normandes où le Grand Exilé entraîne sa famille ? Adèle Hugo, la fille cadette du poète, est belle, douée pour l'écriture, la musique.
« Fille-reine », le monde lui appartient. Emportée par la passion, elle ose enfreindre les convenances et traverser les mers à la poursuite d'un jeune lieutenant anglais. Amour sans espoir qui conduit la malheureuse à sa perte. Ce destin singulier inspire à Marie-Louise Audiberti un récit envoûtant. Elle suit le personnage dans ses obsessions, ses audaces, et n'hésite pas à l'apostropher, comme pour la retenir au bord du gouffre. Adèle II, comme on la nomme, n'est-elle pas le jouet de l'Histoire, alors que son père, « l'homme-Dieu », sait si bien en accuser les soubresauts ?


Format: 12x17
Nombre de pages: 208 pages
ISBN: 978-2-84418-167-1

 

Année de parution : 2009

15.00 EUR
disponibilité : Sous 10 jours
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Une chevelure lisse, un visage fin, une allure altière qui force le respect. Adèle Hugo, la fille cadette du grand homme, fascine tous ceux qui l'approchent. Il aurait fallu capter l'éclair des yeux, froid sûrement, brûlant, mais la photographie réclamait encore un temps de pose, laissant au sujet tout loisir de se composer ou se décomposer. Si Adèle baisse la tête sur les photos, c'est pour signifier son absence. Quand elle lève enfin les yeux, on l'imagine scruter l'interlocuteur jusqu'à lui faire perdre contenance. Quand elle prend la parole, c'est d'une voix retenue, appliquée. Elle est trop habituée aux conversations de la Table, comme se désigne le lieu hugolien de l'exil, pour se montrer futile. Elle module son discours, surtout quand le Père est là, qu'il faut toujours séduire, voire surprendre. Nous sommes aujourd'hui en 1863. Guernesey, une île, posée quelque part dans l'océan. La famille Hugo a suivi le maître en exil : Bruxelles d'abord, une capitale, où l'on pouvait encore frayer avec des égaux, sortir, recevoir, puis Jersey, et maintenant Guernesey, comme s'il fallait absolument aboutir à une île, c'est-à-dire un isolement. Pour le père, « les îles de la Manche sont des morceaux de France tombés dans la mer et ramassés par l'Angleterre. » Il n'empêche, la coupure est là, presque une blessure. On ne veut plus de nous dans notre pays. Nous sommes indésirables. Si seulement le père avait gardé le silence au lieu de tenir des propos incendiaires sur Louis Napoléon Bonaparte, s'il avait comme bien d'autres pris son mal en patience, la famille Hugo ne serait pas obligée de jouer les oiseaux migrateurs. Mais le père est un champion de la liberté, il est prêt à tous les sacrifices pour défendre le droit des peuples. Le père est le héraut de la vérité et jamais il n'hésitera à pourfendre la corruption sous toutes ses formes. Escaliers et raidillons découpent les lieux. Située à Saint-Peter-Port, le quartier principal de l'île, la rue de Hauteville grimpe en élégant lacet. Mon vélo peine dans la montée tandis que je devine le bruit ralenti des sabots de chevaux. Ou celui, volontaire, de Victor Hugo, qui prônait les milles pas, mille passus, après chaque repas. Excellent pour la digestion tout en permettant au maître quelque détour pour aller saluer Juliette Drouet, cette chère et encombrante voisine, ou telle jeune personne accommodante. Voici la maison. Devant moi s'arc-boute le porche de Notre-Dame de Paris avec en gros caractères l'inscription VICTOR HUGO/NOSTRE DAME DE PARIS. Entrons. Dans ce décor aussi majestueux qu'ostentatoire où la jeune guide fait circuler les visiteurs à une vitesse record, tout a été pensé avec soin par le maître de maison avant d'être exécuté par le fidèle Mauger qui fit travailler toute l'île sous les ordres du maître. La maison a été payée entièrement avec les revenus des Contemplations. Une aubaine, cette maison. Si le père l'a achetée à bon compte c'est qu'on la dit hantée. Une jeune fille s'y serait pendue. Je ne peux m'empêcher d'identifier la morte qui hante les lieux à cette figurine à la chevelure flamboyante que l'on retrouve ici à plusieurs endroits, comme un rappel insistant, et surtout à Adèle, la fille. Oui, c'est bien Adèle, déjà fichée aux murs, clouée à elle-même tel un papillon égaré. La maison, l'île, le décor est planté, vrai paysage mental sur lequel s'inscrit comme sur une radiographie le dessin de ce mal être qui va terrasser Adèle. La maison, à ce qu'on dit dans le pays, est donc « visionnée ». Visionnée, cela signifie que le diable y a sa place. Si le plafond ne s'écroule pas sur votre tête, si les murs ne se mettent pas à vaciller, si vous vivez sans dommages dans une maison visionnée, c'est que vous faites bon commerce avec le diable. De telles accointances vous rendent suspect. Dans une maison visionnée, seul peut vivre un visionnaire ou un sorcier, et le diable y trouve forcément son compte. Souper avec le diable ? Il suffit que la cuiller, je veux dire la plume, soit de bonne longueur. La maison est habitée par les esprits comme le sont les œuvres du père. On sait que l'imaginaire de Victor Hugo, agité de visions extravagantes, fourmille de monstres et d'esprits malins. Djinns et pieuvres se meuvent à l'aise dans un univers fabuleux. Et l'on se demande quelle pouvait être la teneur du conte fantastique, inventé pour ses enfants, qu'il lut un jour, comme il le raconte lui-même, dans les ombres du plafond. Aujourd'hui les voici tous réunis pour le déjeuner. Le père, la mère, les deux fils. Et même Adèle, la fille cadette, malgré sa tendance à se réfugier toute la journée dans sa chambre. La famille déjeune dans la salle à manger, dénommée par Charles Hugo la salle à Mauger tant l'agencement des meubles lourds porte la marque du fameux artisan. Mais la vraie signature est celle du maître. EGO HUGO est-il proclamé triomphalement au-dessus de la porte, inscription qui se répète comme une antienne à maint autre endroit. Les faïences de Delft qui flanquent la cheminée de deux H, Hauteville House, ont été rachetées à un prix intéressant à un hôtel en faillite. H prédestiné qui arrange bien le maître de maison. Sur la cheminée elle-même, s'entrelacent les initiales V.H.. Pas de doute, cette maison est bien la maison du moi. Ce n'est pas tout. Nombre devises, inscriptions, en français, en latin, parsèment l'ensemble, maximes soigneusement choisies par Hugo telles des commandements. C'est qu'il ne faudrait pas se laisser aller. Si la charge financière de la famille incombe entièrement au poète, il a aussi la responsabilité morale de ses brebis. S'il a entraîné les siens dans sa fuite, ce n'est pas pour les laisser à l'abandon. Grave ou ironique, tendre aussi, la voix du berger résonne ici de toutes les encoignures. Trône dans cette salle à manger familiale le fauteuil des ancêtres qui arbore le nom de Léopold Hugo, le père, fait comte sous l'Empire, mais aussi celui d'Hugo de Lorraine dont Victor, l'ancien royaliste, se veut le descendant. Un peu de renom ne nuit pas même si l'on a déjà un nom.
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