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La dernière critique



Recueil d'une belle communion avec la nature, écriture cristalline comme la première aube de l'humanité, « Je vous écris de mes lointains » de Jean-Pierre Boulic nous emmène dans un superbe voyage de la Parole, par le biais d'une prose admirable.
De ces aubes écrites surgissent des visages (Jean Vuaillat, René-Guy Cadou, Gilles Baudry...) avant que la Vie ne s'invente en petites touches minimalistes : un vieux port, les docks, la rue...
Magnifique !
Nathalie Lescop-Boeswillwald
Les pieds nus de Zadkine
Lecoq Gaëtan

A quoi tient une rencontre  ? Un enfant de dix ans rêve dans les lumières de la forêt. Venu du fond de sa Russie natale, apparaît un géant aux mains d'or. Ses pieds sont nus sur la terre. Alors, pour ceux qui écoutent, les arbres se mettent à parler, les rivières chantent à nouveau, le ciel s'enflamme. La magie opère  : les statues tressaillent, marchent et sourient. La vie soudain peut rejaillir. Plus qu'un conte, il s'agit d'un roman d'apprentissage, une quête de sens, un hymne à la nature et à l'art qui, à travers le regard d'un enfant dans la tourmente du XXe siècle, s'imprègne de la vie et de l'œuvre du sculpteur Ossip Zadkine (1890-1967).


Format: 12x17
Nombre de pages: 256 pages
ISBN: 978-2-84418-252-4


Année de parution : 2012

16.00 EUR
disponibilité : Sous 5 jours
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Chapitre 1
A quoi tient une rencontre ? Est-ce dû au hasard d'une déambulation dans une forêt du Lot ou parce qu'elle était inscrite dans la course singulière des étoiles ? Tu ne le sauras jamais, et qu'importe, tu chasses de ton esprit cette énigme inutile. Le fait est là : l'homme se tient debout devant toi. Pourtant, tu n'étais pas facile à retrouver, tapi dans un taillis touffu de noisetiers, à deux pas de la clairière-aux-biches, cette aire de lumière au cœur de la forêt. Le ruisseau du Pech Nègre dessine, en entrant dans la clairière, une grande boucle où l'eau vive se repose un instant, en un bassin calme bordé de sable blond. Les animaux s'y désaltèrent, et toi, de ton refuge entre les branches, tu peux observer les cerfs, croquer sur tes cahiers leurs bois dressés, la silhouette des biches et la démarche hésitante des faons collés aux flancs de leur mère. Tu as construit, au milieu du taillis, une cabane de rameaux tressées entre lesquelles tu as glissé des fougères en une sorte d'igloo de verdure ; tu en as fait ton repaire discret. Personne ne le sait et c'est cela l'essentiel : avoir un lieu bien à toi, loin des autres, de tes frères, de ta tante, un endroit où l'on ne viendra pas t'importuner, une cachette formidable. Dès que tu le peux, tu t'échappes de la ferme familiale pour venir t'imprégner des odeurs de la forêt. Tu t'installes à l'entrée de la cabane sous les rayons animés du soleil, ils dansent à travers les branches basses, jouent avec les ombres et t'emmènent en des voyages de lumière. Tu survoles les cimes des arbres, planes au-dessus des feuillages agités par le vent, plonges dans la forêt comme dans un torrent en cru ; ta joie éclate avec le craquement des charmilles et sur les troncs, grinçant dans la brise, tu grimpes comme aux mâts d'un navire ; là-haut, c'est une drisse que tu resserres, le visage fouetté d'embruns : ô capitaine, mon capitaine ! Loin de t'affoler, les gémissements des bois, les rafales plaintives au profond des bosquets, la pénombre des buissons t'ouvre les portes d'une nouvelle aventure. Ici, tu as le droit de rêver. Qu'il soit bourrasque ou murmure, le souffle de la forêt t'envahit, son chant n'est que légendes et contes, histoires fantastiques où tu croises des fées, des géants et des rires. C'est comme un long bercement heureux, le refrain des vagues éclatant sur la plage. Parfois tu observes la course pourpre des nuages aux quatre coins du ciel, ils filent, lourds de mystère, loin de ton Quercy natal. Tu y découvres de grands livres d'images où se mêlent des chevaliers et des tours inviolables, des escapades en Afrique ou en Patagonie - tu as lu ce mot sur le calendrier des Postes. Sur un atlas chipé à ton instituteur, tu refais avec le doigt le parcours de Phileas Fogg, réinventant Le tour du monde en 80 jours et cherchant comment Passe-Partout et son maître auraient pu gagner du temps dans ces contrées lointaines qui viennent vibrer au bout de ton index, comme si les toucher sur la carte leur donnait enfin vie. Ta cabane est devenue un lieu presque habitable. Tu y as entassé des couvertures, une gourde, des livres illustrés, un vieux calendrier des postes, des cahiers à dessins et des crayons. Dans un des postes de guet de Coste le vieux, le braconnier, tu as récupéré une lampe à pétrole cabossée qui éclaire tes lectures, les soirs nuageux. Tu remplis régulièrement une grande à biscuits de gâteaux secs chapardés quand la tante Géraldine a le dos tourné. C'est là ton antre. Personne, jusqu'à présent, n'a réussi à te débusquer, ni le comte à la démarche alerte, écrasant les branches avec une sorte de rage, que tu reconnais au bruit de sa cravache à bout doré frappant sa botte à chaque pas, ni Esquirol, son garde forestier, au pas plus lourd, dont tu sais qu'il observe sans fin les ombres des bois, ni même Coste le vieux, le fouineur, qui trottine à petits pas furtifs. La tante Gé a beau t'appeler par les chemins pour que tu viennes l'aider à épierrer un champ ou t'occuper des oies, tu fais la sourde oreille. Elle a beau fureter dans les bosquets sombres, elle n'a jamais découvert ta cachette. Tu t'en tires parfois avec une solide raclée car elle n'est pas dupe de ton sourire d'ange et de tes excuses.
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